Registre des accidents bénins : conditions et usage
Rédigé par HNC SAS, éditeur de MISTER SECOURS. Mis à jour le .
La réponse en bref
Le registre des accidents bénins permet de remplacer la déclaration d'un accident n'entraînant ni arrêt de travail ni soins médicaux (L. 441-4 du Code de la sécurité sociale). L'employeur doit remplir trois conditions de l'article D. 441-1 : une personne qualifiée présente en permanence, un poste de secours d'urgence, et le respect de ses obligations envers le CSE.
À quoi sert ce registre
L'employeur « peut, selon des modalités prévues par décret, remplacer la déclaration des accidents n'entraînant ni arrêt de travail, ni soins médicaux par une inscription sur un registre ouvert à cet effet » (L. 441-4). Il doit en aviser le comité social et économique.
Une coupure soignée sur place avec un pansement peut y figurer. Dès qu'il faut un médecin ou un arrêt, on sort du registre.
Les trois conditions de l'article D. 441-1
L'article D. 441-1, en vigueur depuis le 1er mai 2021, exige :
- la présence permanente d'un médecin, d'un pharmacien, d'un infirmier diplômé d'État, ou d'une personne chargée d'une mission d'hygiène et de sécurité titulaire d'un diplôme national de secouriste complété par le diplôme de sauveteur secouriste du travail ;
- l'existence d'un poste de secours d'urgence ;
- le respect par l'employeur des obligations de l'article L. 2311-2 du Code du travail, relatif au comité social et économique.
Le mot « permanente » écarte beaucoup de petites structures : si la personne qualifiée n'est pas là à toutes les heures de travail, la première condition pose question. Faites vérifier votre cas par votre CARSAT.
Registre ou déclaration
| Situation | Démarche | Délai |
|---|---|---|
| Sans arrêt ni soins médicaux, conditions remplies | Inscription au registre | Selon les modalités du décret |
| Conditions non remplies | Déclaration d'accident du travail | 48 heures, hors dimanches et jours fériés |
| Arrêt ou soins médicaux | Déclaration d'accident du travail | 48 heures, hors dimanches et jours fériés |
| Accident inscrit qui s'aggrave | Déclaration d'accident du travail | 48 heures après la circonstance nouvelle |
Le dernier cas vient de l'article R. 441-5 : la déclaration « doit être faite dans les quarante-huit heures qui suivent la survenance de la circonstance nouvelle ».
Qui peut consulter le registre
Selon l'article L. 441-4, il est tenu à la disposition des agents de contrôle des organismes de gestion des accidents du travail, des ingénieurs conseils et contrôleurs de sécurité des CARSAT, de l'autorité compétente de l'État et du comité social et économique.
Pourquoi c'est utile pour la prévention
Le registre montre où se répètent les petites blessures : même poste, même geste, même produit. Servez-vous-en pour mettre à jour le document unique et pour ajuster le contenu des trousses. Si les coupures dominent, réassortez plus souvent avec des recharges.
Questions fréquentes
Faut-il encore une autorisation de la CARSAT ?
L'article D. 441-1 en vigueur depuis le 1er mai 2021 dit que l'employeur « peut tenir » ce registre s'il remplit les conditions. Il ne mentionne pas d'autorisation. Faites confirmer les modalités par votre CARSAT.
Un SST suffit-il pour tenir le registre ?
L'article exige une présence permanente et, pour un non-soignant, une personne chargée d'une mission d'hygiène et de sécurité avec diplôme national de secouriste et diplôme SST.
Que faire si l'accident s'aggrave ?
Déclarer dans les 48 heures qui suivent la circonstance nouvelle, selon l'article R. 441-5.
Sources
- Code de la sécurité sociale, article L. 441-4, consulté le 2 novembre 2026
- Code de la sécurité sociale, article D. 441-1, consulté le 2 novembre 2026
- Code de la sécurité sociale, articles R. 441-3 à R. 441-5, consulté le 2 novembre 2026
Ce guide informe ; il ne remplace ni l'avis du médecin du travail ni celui d'un juriste.


